Jeudi 17 janvier 2008 à 16:23

Je suis mort. Je ne sais pas comment je le sais. Il y a plusieurs petits détails qui me font dire ça. Je n'entends plus mon cœur battre, je ne sens plus l'air pénétrer dans mes poumons, je ne sens plus le poids de mon corps, je n'ai plus mal aux dents, je ne sens plus les draps contre ma peau. Je ne sais pas précisément à quelle heure je suis mort. Je n'ai pas pensé à regarder le radio-réveil. En même temps, j'avais autre chose à faire. J'étais entrain de mourir.

Mais, peut-être que je ne suis pas mort. Je pense et si je pense je suis et quand on est mort on n'est plus justement. Alors avec quoi je peux penser ? L'âme est-ce justement l'ensemble de nos pensées ? Peut-être qu'Il ne juge pas les actes mais les pensées ? Je ne sais pas. Je commence à paniquer. Je ne me sens plus, mais je pense. Aidez-moi !

Non, reprends-toi. Réfléchis posément. Essaie d'attraper la carafe. Je ne vois plus mon bras. Etrange. Je vois ce qui m'entoure, mais je ne me vois pas. Oh je viens de me trouver. Je vois mon corps inanimé sur mon lit. C'est étrange cette sensation. Je ne suis plus moi. C'est peut-être ça que voulait dire Descartes en disant « je pense donc je suis », en fait quand je pense je suis en moi. Mon esprit et mon corps ne font qu'un seul. Peut-être ai-je atteint le moment comme l'a dit Brassens où « mon âme et mon corps ne sont plus d'accord en un seul point la rupture.» et une fois que la rupture est consommée, où va l'âme ? Y a-t-il un paradis ou un enfer ? Pour l'instant rien n'a l'air de me happer. Peut-être qu'il faut que je règle d'abord des histoires, des rancoeurs anciennes. Je ne sais pas. Je ne sais pas où je vais ni même si je vais quelque part. J'aimerais bien pouvoir entendre quelque chose, la sonnette, le réveil. N'importe quoi mais quelque chose que me prouverait que je suis vivant. J'aimerais bien que ma rage de dents me réveille. Merde je suis trop jeune ! J'ai encore plein de choses à voir ! Je ne suis jamais allé en Alaska, je n'ai jamais vu ACDC en concert, je n'ai pas fini mon livre.Je n'ai pas d'enfant. Voilà ce qui m'a le plus manqué dans ma petite vie. Maintenant qu'il est trop tard je m'en rends compte. Les enfants c'est le moyen d'atteindre l'immortalité vu qu'ils se rappellent de nous et transmettent nos valeurs. Que ne me suis-je pas reproduit ? Je n'ai jamais essayé l'homosexualité, je n'ai jamais goûté la cuisine albanaise, je ne me suis pas réconcilié avec mon frère, je n'ai jamais cassé la gueule à Jules Bernard qui me piquait mon goûter à l'école. C'est étrange comme on se rend compte de la valeur des choses une fois qu'on les a perdues, ces choses. J'ai été un parfait idiot. Je n'ai été qu'un parfait petit citoyen, j'ai voté pour un gouvernement qui m'a eu, j'ai travaillé pour un patron qui s'est enrichi sur mon dos, j'ai payé mes impôts, j'ai cotisé à tous les organismes, j'ai cotisé pour ma retraite et je ne pourrai même pas en profiter. La vie est vraiment injuste. Non, ce n'est pas la vie qui est injuste, c'est la mort.

Le pire c'est qu'il n'y a personne pour se rendre compte que je viens de mourir. Ça fait bizarre de mettre ce verbe à la première personne du singulier de pouvoir dire « je suis mort. » en fait, je ne le dis pas vu que je n'ai plus de bouche, je le pense. Est-ce qu'au moyen de la pensée je vais pouvoir entrer en contact avec d'autres morts ? Est-ce que je vais pouvoir demander à Hitler s'il a des regrets ? à Gandhi si c'était à refaire est-ce qu'il ferait tout pareil ? Au Che s'il est fier de sa révolution ? Au Christ ce qu'il pense de l'Eglise catholique ? Je pourrai enfin savoir si Dieu existe. Mais pour l'instant mon corps est dans le lit et moi, je le vois. J'aurais pu faire un peu de régime, faire attention à ma ligne. Le régime pizza MacDo, il y a forcément un moment où ça ne pardonne plus. Je n'ai jamais aimé cette enveloppe charnelle et maintenant que je l'ai quittée je la regrette. Grâce à elle je pouvais sentir du plaisir. Et maintenant que vais-je faire ?

Même penser devient difficile. Mon âme s'allége. Je pars…



Publié par Darkangel

Mercredi 14 novembre 2007 à 0:59

Heureux habitants du Morbihan et des autres départements français, il paraît que chose promise chose due et c'est donc de ce pas décidé qui me caractérise que je m'en faire un copier-coller de la première partie de ce qui est déstiné  à être un roman peut-être éventuellement publié si un jour le coeur m'en dit.
Bien sûr, comme dans notre société actuelle rien n'est gratuit, je m'en vais vous demander deux services en échange de ce texte.
Oh  Darkangel ! Deux Services ? T'abuses là quand même !
Cessez de vous inquiéter ô chers lecteurs, les deux services que je vous demande ne sont en rien très fatigants, je vous demande juste une critique de préférence constructive et si jamais ce début vous inspire, peut-être un titre.
Je vous en remercie par avance.

Je vous souhaite le bonjour.
Nous vivons une époque moderne.

1) Mara était un jeune vampire comme tous les autres. Elle aimait monter à la surface pour chasser les humains, elle aimait particulièrement les faire courir avant de les mordre et de les amener sous terre. Elle était la meilleure chasseuse de sa génération. C'était le Grand Maître qui avait veillé à sa formation, il lui avait appris à sentir la nuit extérieure et à survivre malgré les rayons du soleil.

Quand Mara se promenait en plein jour pour repérer ses victimes nocturnes, les gens la voyaient avec sa longue robe noire et son visage laiteux, ses cheveux et son maquillage noir et se disaient : « Ah ces jeunes ! Ils ne savent pas quoi inventer ! »

Un jour, elle repéra un jeune garçon qui devait avoir seize ou dix-sept ans. Il était habillé en noir, les cheveux longs, et il était peu souriant. Mara le suivit pendant sa promenade. Il ne saluait personne. Il rentra chez lui, mangea un peu et s'enferma dans sa chambre. Il se jeta à plat ventre sur le lit et se mit à pleurer. « Pourquoi ? Mais, pourquoi ? » criait-il au silence ? Mara le regarda. Elle aurait tant aimé pouvoir le consoler, mais les règles sont strictes : pas de contact direct avec les mortels. Elle l'observa encore un moment et avant de partir elle dit : « Ce soir, je t'aiderai. »

 

2) Nathan leva la tête. Il était persuadé d'avoir entendu une voix féminine. « Tu pètes les plombs mon pauvre ! » Il sécha ses larmes et s'assit sur le bord de son lit. La voix résonnait encore dans sa tête. Qu'avait-elle dit à propos de ce soir ? Il ne savait plus. Il se leva, marcha jusqu'à la fenêtre qu'il ouvrit. Il vit une chauve-souris s'envoler. « Je ne me ferai jamais à l'idée que certaines de ces bestioles soient diurnes. »

L'air frais envahit sa chambre. Nathan s'assit à son bureau dans le but d'y faire ses devoirs. Mais son regard se posa sur un portrait photo de sa mère qu'il n'avait pas connue. Elle est morte le jour de sa naissance. Très vite, sans que personne ne lui dise quoique ce soit, il avait conclu que c'était lui qui l'avait tuée. Depuis sa naissance, il vivait seul avec son père qui n'avait jamais voulu d'enfant. « Si ta mère t'avait pas donné de prénom avant que tu naisses, j't'aurais même pas baptisé. » Nathan avait peur de son père. Il buvait beaucoup et pouvait se montrer violent envers son fils. Les seuls endroits où il se sentait bien c'était dans sa chambre, bien qu'il eût toujours su que son père pouvait y entrer comme dans un moulin et chez ses grands-parents maternels qui voyaient en lui un ultime cadeau de leur fille. Il les aimait profondément, mais Nathan manquait de contact avec les jeunes de son âge et surtout avec les filles. Il ne faisait pas partie de ces ados qui dénigrent leur génération, mais il manquait terriblement de confiance en lui. Et pour ne rien arranger, il mouillait régulièrement son lit. « Ce soir, je t'aiderai. » Voilà ce qu'avait dit la voix. Si seulement, cela pouvait être vrai.


Publié par Darkangel

Mardi 20 février 2007 à 18:25

Je suis dans un endroit sombre humide mais chaleureux. Je me sens protégé et libre de mes mouvements.

Soudainement j'entends crier à l'extérieur de mon monde. Y aurait-il un monde parallèle ? On a l'air de souffrir. Je ne peux pas rester là, à ne rien faire. Il faut aider cet être vivant.

Au loin, je vois une lumière. Elle m'attire inévitablement. Je fonce la tête la première vers elle. Le passage est étroit. Quelque chose de dur me bloque au niveau des épaules. Je commence à étouffer. Je me tourne un peu, je force. Les cris extérieurs sont de plus en plus proches, de plus en plus oppressants. J'aimerais tant pouvoir soulager cette personne.

A présent la lumière est vraiment très proche. Je n'ose pas m'y aventurer. Je m'arrête. Mais une force et la curiosité me poussent vers elle. Il s'agit d'une ouverture. Le monde n'est pas fermé ? Qu'y a-t-il derrière ? La mort ? Le Paradis ? Rien ?

Ma tête passe au travers de l'ouverture puis le reste de mon corps. On m'empêche de tomber. Les cris ont cessé. Un homme semble pleurer. Je n'arrive pas à respirer. Mon cœur bat la chamade. Je commence à crier. Je sens quelque chose de froid contre mon ventre. On me met sur le ventre d'une femme. Elle me caresse et me parle, je ne comprends pas ce qu'elle dit mais sa présence me rassure. L'homme qui pleurait s'est approché de nous. Lui aussi me caresse mais ses mains ne sont pas aussi rassurantes que celles de la femme. Je commence à comprendre les mots qu'ils disent.

Je suis entre Papa et Maman et je viens de naître.

Publié par Darkangel

Vendredi 19 janvier 2007 à 20:34

Elle se sentait comme oppressée, enfermée. Au loin, elle entendait des gens pleurer et comme des bruits de terre qui tombe sur du bois. Elle refusait de comprendre qu'elle venait de mourir.

Une fois que le silence fût complet autour d'elle, elle se sentit comme aspirée. Elle tombait, tombait, tombait. Elle finit sa chute dans un couloir humide et très sombre. Au bout, elle vit une porte entr'ouverte d'où apparaissait un peu de lumière et d'où elle entendait comme un murmure. Elle s'avança vers la porte. Elle l'ouvrit et y vit un homme.

"Etes-vous Dieu?"

"Je suis celui que tu voudras, lui répondit-il. Mais avant de savoir qui je suis, sais-tu vraiment qui tu es?"

"Je ne suis plus personne, je viens de mourir. Je le sais, c'est moi-même qui ai appuyé sur la détente."

L'homme semblait réfléchir. Il la regarda droit dans les yeux, il semblait lire jusqu'au plus profond d'elle-même. Il lui montra une boule de feu en lui faisant signe de regarder à l'intérieur. Elle y vit la douleur de sa famille et de ses amis.

"Il y a des gens qui me pleurent?"

"Bien sûr qu'est-ce que tu croyais? Ton acte a été la chose la plus horrible et la plus égoïste que tu n'aies jamais fait dans toute ta vie. Tes parents ne s'en remettront jamais. À partir de dorénavant tu ne seras plus qu'un souvenir et avec le temps il s'effacera ou deviendra erronné..."

Elle n'arrivait plus à quitter la boule des yeux.

"Ça n'est qu'un mauvais moment à passer pour eux. Je sais que j'ai eu raison. Ils seront bien plus heureux sans moi, je le sais. Dans toute ma vie je n'ai jamais rien fait de bien, je suis une bouche de plus à nourrir, les gens ont honte de sortir avec moi."

"Que tu crois..."

L'homme partit la laissant seule là où elle avait voulu être...

C'est pas le meilleur truc que j'ai écrit je vous l'accorde

Publié par Darkangel

Vendredi 3 novembre 2006 à 20:06

Elle était là face à eux. Elle était seule. Ils étaient deux. Elle était amoureuse de l'un d'entre eux. Elle avait 15 ans. Ils étaient tous les trois assis. Ils n'étaient pas mal. Ils ont commencé à la toucher. Elle ne se méfiait pas vraiment mais n'était pas non plus tout à fait en confiance.

Ils se sont levés. L'un d'entre eux a murmuré quelque chose à l'oreille de l'autre. Mais quoi? Ils sont revenus vers elle. Elle était encore assise. Ils l'ont entourée. Elle ne pouvait plus partir. "Et maintenant tu vas nous sucer." Le ton était sans appel. Elle savait qu'elle était prise au piège. Elle n'a pas su quoi dire, ni quoi faire. Elle n'a pas eu l'idée de se lever.

Une main s'est appuyée sur sa tête. Sa tête partait malgré elle vers ce pénis menaçant. Elle a résisté mais il est quand même entré en contact avec sa bouche. Puis la main l'a lachée. Mais une autre est arrivée et l'a tirée vers un autre pénis tout aussi menaçant.

Ils sont partis. Ils l'ont laissée là. Elle se sentait sale. Elle savait qu'elle ne pourrait en parler à personne car personne ne la croierait. Eux étaient bien vus, elle était l'idiote du village.

Elle a fait comme si de rien était. Elle les a revus et croisés, mais malgré ces mains toujours présentes sur sa tête, elle a tu sa souffrance. Elle n'a jamais rien montré aux autres. Elle est restée souriante, elle a continué à faire la bise à ces deux garçons, elle a caché sa souffrance.

 Dix ans plus tard, elle sait qu'elle ne peut plus rien faire contre eux, il y a prescription. Alors elle écrit des récits où des femmes tuent des hommes.

Ce n'est pas sûr que cette nouvelle reste en ligne longtemps. Elle est trop vraie.

Publié par Darkangel

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